La Bohème

Nos deux semaines au Chiapas 

Ce voyage nous permet de comprendre au moins une chose, lorsque nous avons la chance de poser nos sacs dans un endroit formidable avec des gens en or, il ne faut pas chercher à reprendre la route trop vite (surtout si les maux de ventre nous forcent à rester). 

Le Chiapas, état le plus pauvre du Mexique, connu pour son mouvement zapatiste (mouvement anti mondialisation se battant contre le gouvernement mexicain pour les droits des communités indigènes et pour l’appropriation de terres), nous a offert bien des cadeaux mais le plus précieux est sans aucun doute la rencontre avec Tamara et Beto à San Cristóbal de las Casas. 

Pour cette dernière étape de notre voyage au Mexique, notre amie Fatem-Zahra sera notre compagnon de voyage durant 15 jours. 

San Cristóbal donc sera notre point de départ pour explorer le Chiapas puis notre point de chute avant de nous séparer de Fatem et de partir vers le voisin Guatemala. 

La vie à San Cristóbal de las Casas :

Relation frisbee oblige, nous savions par nos contacts de Barcelone et Mexico qu’un surnommé Beto avait monté l’équipe locale d’ultimate : “Krakens” et qu’il vivait avec sa femme Tamara dans leur maison de San Cristóbal. Nous avions été prévenus : “Ils sont adorables, vous verrez”. Les 7 nuits passées chez eux ont dépassé toutes nos attentes. Beto est designer graphique et travaille depuis la maison, Tamara donne des cours d’anglais (de mère américaine et père mexicain, elle a par conséquent la double nationalité) dans l’école d’anglais “Green School” qu’elle a montée et aide ses parents à organiser des mariages et autres événements dans le petit hôtel de famille. 

San Cristóbal est une petite ville en altitude, très jolie et agréable à vivre où se côtoient voyageurs hippies, indigènes en vêtements traditionnels descendus des villages voisins et population locale. Subtile mélange de cafés et restaurants modernes voire hipsters, hostels de backpackers et marchés, échoppes et commerces en tous genre où se bousculent locaux et indigènes. Les femmes, aux cheveux très longs et très noirs presque toujours accompagnées de leurs gamins portent des tenues bigarées, fleuries, brodées par leurs soins. Les couleurs sont partout. Marchés, artisanat, tenues, maisonnettes. Nous croisons aussi fréquemment des femmes portant de longues et épaisses jupes noires en laine de moutons. Ces dernières sont du visage voisin San Juan Chamula.  Pour nous, San Cristóbal a été synonyme de visites et  longues marches touristiques mais aussi d’entraînements de frisbee, de supers bouffes à la maison (mention spéciale au bouillon de poulet et légumes de la maman de Beto pour notre dernier jour), de balade à vélo, de soirées d’inauguration lors de la rénovation du restaurant de l’artiste allemande Kiki ou dans des bars tels que le Naufragio géré par un joueur de frisbee (bar clandestin faisant sa propre bière artisanale) ou le Puro Mexicano, une Mezcaleria à la décoration très Oaxaqueña où le proprio est lui aussi joueur de frisbee. 


San Juan Chamula :

A quelques kilomètres de San Cristóbal trône fièrement le village le plus en altitude du Chiapas : San Juan Chamula. Nous sommes arrivés pile au début du Carnaval, période durant laquelle les photos sont interdites dans tout le village. Nous avons eu le droit à quelques exceptions devant l’église. 

San Juan Chamula est le parfait exemple de ce mélange si improbable entre traditions mayas et église catholique. L´homme qui nous a expliqué les différentes croyances et traditions à l’intérieur de l’église n’a qu’une seule hâte : s’occuper d’un saint et payer pour son adoration et le vêtir durant une année. Il est sur liste d’attente et le saint qu’il a choisi devrait être ¨disponible¨ dans 8 ans… 

Oui les croyances à San Juan Chamula reposent sur la vénération des saints et de Jésus ainsi que sur la protection et les rituels des curanderos hommes ou femmes ayant le pouvoir de soigner. Ces derniers utilisent de fines bougies de couleur qu’ils brûlent à même le sol (pas de banc dans cette église). Le sol est d’ailleurs complètement recouvert d’épines de pin (arbre considéré sacré par les mayas) ainsi que de bouteilles, d’oeufs et poules vivantes avec lesquels sont frôlés et donc soignés les patients. Au sol, nous avons ainsi pu voir des poules mortes ayant servi à sortir le mal dont souffrent les patients. En parallèle des prêtres franciscains officient des messes et baptisent les bébés dans cette même église. 

Ces croyances sont suivies par 80% de la population et ils n’ont donc pas recours à la médecine traditionnelle. Autre fait marquant, les sodas et l’alcool de maïs connu sous le nom de poch sont d’une grande aide dans ces cérémonies. En effet éructer permet de sortir les mauvais esprits et le… coca cola est donc vendu et consommé en abondance ! Nous avions tous les trois les yeux écarquillés durant toute l’explication.


La culture Maya : entre ruines pré hispanique et culture indigène 

Le Mexique abonde de sites archéologiques. Souvent ce n’est que 5% ou 10% de la cité pré hispanique qui a été découverte et explorée par les archéologues. Durant ce tour du Chiapas nous aurons le privilège de découvrir Palenque, le plus connu et donc le plus fréquenté mais aussi Yaxchilan mon chouchou, Bonampak et Tonina. Ces trois derniers sites étant plus à l’écart, nous avons pu les explorer quasiment sans personne. Belle énergie Maya et incroyables sensations dans la jungle épaisse qui entoure notamment le site de Yaxchilan exclusivement accessible en bateau sur une rivière qui fait frontière entre le Mexique et le nord du Guatemala. Les singes sont partout et nous avons enfin pu en apercevoir et pas seulement les entendre. 

Le gros plus est la rencontre avec la famille de Rubén, ses enfants Yaxché et Evi et la grand mère Ruth avec qui nous passerons une de nos meilleures journées sur les routes du Chiapas. 

Evi


Yaxché


La nature : faune, cascades et jungle luxuriante  

Misol-Ha, las Golondrinas, le Cenote noir, el Chiflón, la rivière Lacandona… L’abondance de l’eau au Chiapas est fascinante. Quelques bonnes journées de parfaite combination de ruines écrasées par le soleil et de baignades rafraîchissantes. 

Edit

La faune est l’autre partie nature qui me plaît le plus au Chiapas. Crocodiles, singes, toucans, perroquets, iguanes, papillons… Les cris des singes au petit matin ressemblent à des rugissements de tigres. Assez impressionnant. 

La Selva (jungle) et son vert chlorophylle ont quelque chose de fascinant. C’est le Lacandon Daniel (ils ne sont plus que 1000 dans la communauté) et ses deux fils qui parlent Maya lacandon et espagnol qui nous feront découvrir une petite partie de leur forêt. Nous en retour leur ferons découvrir le frisbee. Le petit dernier a un formidable coup droit. 


Comitan et sa gastronomie
 

En l’absence de contacts frisbee à Comitan, c’est vers le site Couchsurfing que nous nous sommes tournés. Accueillis par Victor Hugo (oui oui c’est son vrai nom) nous n’avons finalement passé qu’une nuit sur le sol de sa petite chambre d’amis mais avons passé deux nuits de plus dans la ville où nous avons amplement profité de son bar et de sa très bonne sélection de musique. Parfaite immersion dans la gastronomie du coin et cocktails à base de comiteco (assez similaire au mezcal mais avec un processus de distillation différent). 


Nos flops au Chiapas :


Le manque de pesos 

Notre route en quittant San Cristóbal devait nous mener jusqu’à Las Nubes puis les lagunes de Montebello. Naïfs que nous sommes nous pensions tous les trois avoir assez ou pouvoir retirer de l’argent au fin fond du Chiapas en pleine jungle Lacandona. Seulement voilà, nous nous sommes rapidement retrouvés à sec et le moral des troupes en a pris un coup et nous a obligés à prendre la décision de rebrousser chemin et repartir vers Palenque (3 heures de route) pour retirer de l’argent. 


La revanche de Moctezuma, la suite 

Apparemment les bactéries sont encore plus coriaces au Chiapas et nos chances de nous retrouver neutralisés par une infection du système digestif décuplées dans cette zone. Les 3 y sommes passés. Chacun dans notre registre et avec des symptômes plus ou moins impressionnants. Fatem s’en est tirée avec 10 jours d’antibiotiques suite à ce qui fût diagnostiqué comme un développement de salmonelle et Rory a contracté un sale truc notre supposé dernier soir au Mexique. Témoin de ses vomissements toute la nuit, j’ai dû me résigner à renvoyer notre navette collective qui s’était présentée à la porte de chez Beto à l’aube pour notre départ vers le Guatemala. 

Partage de biscuits dans une des nombreuses fourgonnettes

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This entry was written by pouloche and published on March 12, 2017 at 5:48 am. It’s filed under Francais and tagged , , . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

One thought on “Nos deux semaines au Chiapas 

  1. Salut les baroudeurs , je profite de mon jour de congé pour faire un petit tour au Chiapas et je n’ai qu ‘un mot : fabuleux ! les superbes photos ( et les commentaires précis ) font bien prendre la mesure de ce paradis tropical……..La barre est haute pour la suite ! dommage que Moctezuma n’ai pas fait la trève !
    Bonne poursuite au Guatemala .
    Bisous
    Papa Dan .

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