La Bohème

Deux semaines au Guatemala. Pourquoi pas ? 

Après 6 semaines au Mexique où nous avons pu nous régaler de la gentillesse des mexicains, de la facilité de voyager à petits prix et de la multitude de contacts que nous avions sur place, nous avons un petit peu hésité avant de partir pour de bon vers le Guatemala. En effet, nous savions le pays plus cher et faisant une nette différence entre locaux et touristes. Le fait de n’avoir pas pu prendre la navette au départ de San Cristóbal puisque Rory était dans l’incapacité de bouger nous a aussi fait réfléchir. 

Mais finalement poussés par l’envie de sortir de cette nouvelle zone de confort que représente le Mexique, nous réservons une nouvelle navette vers le Guatemala où nos contacts, Mélanie et Ale à Guatemala City ou Chris et ses colocs à Antigua nous attendent. 


De San Cristóbal vers San Marcos, Lac Atitlan
 

Attirée par le lac Atitlan, j’avais très envie d’en faire notre premier stop pour quelques nuits. Cette attraction pour un lieu inconnu se transformera en une semaine de vie harmonieuse avec vue sur un des plus beaux lacs du monde (je laisse volontairement la porte ouverte à d’autres lacs pour de ne pas froisser mes amis de Haute Savoie). 

Le lac Atitlan est un lieu sacré pour les Mayas qui l’ont toujours trouvé doté d’une énergie particulière. Je suis officiellement Maya sur ce coup là. 

Sur ses berges, quelques paisibles villages traditionnels guatémalteques où les femmes portent fièrement leurs tenues colorées traditionnelles. Comme toile de fond, de superbes volcans dont le plus imposant, San Pedro. Nous pouvons apercevoir dans le fond le volcan Fuego toujours en activité. Le lac Atitlan est lui même le cratère d’un immense volcan qui se remplit d’eau et forma cette belle étendue d’eau de 130km2.

Nous ne sommes pas les seuls à admirer le lac

Fuego très en forme au petit matin

Nous, riches d’un contact éloigné dans le village de San Marcos, nous choisissons ce village pour notre première nuit (au moins…) afin de prendre nos marques et de nous reposer après ce voyage épuisant en fourgonnette depuis le Chiapas. 

Le lac depuis le village de Panajachel


La vie à San Marcos
 

San Marcos grâce à son énergie si particulière presque mystique attire les yogis, hippies et autres voyageurs en quête de spiritualité. Le frère de notre copine Alizé, joueuse de frisbee en Angleterre, est l’un d’entre eux. Greg a en effet posé ses bagages au Guatemala il y a des années et construit actuellement un petit paradis sur les hauteurs de San Marcos appelé The Eagle’s nest. Constructions en bois et en bambous, permaculture, toilettes écologiques et une plate-forme avec une vue à couper le souffle. Nous en ferons rapidement notre camp de base. Probablement un des endroits que j’ai eu le plus de mal à quitter depuis le début de cette aventure. 

Je ne sais pas s’il s’agit de cette fameuse énergie ou si nous sommes tout simplement dans d’excellentes dispositions mais les rencontres (avec le sévillanais Antonio dès la première demi-heure par exemple), les opportunités et les expériences se succèdent à San Marcos. Nous enchaînerons ainsi soirées en musique, sauna Maya (appelé Temazcal), fête de la pleine lune déjantée dans une communauté hippie (totalement improbable et absolument inoubliable pour Rory comme pour moi), cuisine face au lac, réveil face aux volcans, baignades et sauts dans le lac… 

Avec l’artiste suédois Isaac

Au lever du jour avec Antonio

Dans notre cuisine vue lac

La plate-forme du bonheur

Notre maison

17 mars : Saint Patrick oblige

Nous profiterons également de notre camp de base pour partir explorer les alentours en bateau, en tuk-tuk ou en bus locaux (les fameux Chicken Bus comme les surnomment les étrangers – anciens school bus américains repeints de toutes les couleurs). “Dure” journée notamment au marché du village de Chichicastenango (un des plus grands marchés d’artisanat d’Amérique Centrale et Latine !) où je n’ai même plus essayé de résister à la tentation. C’était tout simplement impossible. 

Gang de Chicken bus

Notre bus a rendu l’âme…

Dans l’église du village, les rituels mayas ne sont pas sans nous rappeler ce que nous avions vu à San Juan Chamula dans le Chiapas au Mexique. 

Enfin l’ascension du volcan San Pedro (3020 mètres d’altitude) et les belles rencontres (humaines comme animales) font partie des beaux moments de cette semaine au paradis. San Pedro nous fît en effet de l’œil toute la semaine, changeant de couleur au gré des heures et des conditions climatiques. Nous nous devions d’aller lui rendre hommage ! 

Aaaahhh cette balançoire !!!

Première rencontre avec le café…

Une nouvelle fleur : “la main du diable”

C’est finalement un samedi soir que nous arriverons dans la belle ville coloniale d’Antigua. Je m’attendais à une jolie ville prisée des étrangers mais je ne pouvais pas m’attendre à un tel contraste avec ce que nous avions vu du Guatemala rural jusqu’à présent ! Nous hallucinons aussi face à la multitude d’églises et autres couvents de cette petite ville qui fût jadis la capitale du pays. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs partiellement détruits suite aux terribles tremblements de terre auxquels la ville a fait face (ce qui explique d’ailleurs pourquoi la capitale a été déplacée vers une zone moins mouvementée). À part les rues pavées inégales, tout est propret à Antigua. Les bars et restaurants branchouilles pullulent, de même pour les jolis hôtels et les boutiques ultra coquettes où l’artisanat est revisité façon grandes marques. La communauté “gringa” comme les surnomment les locaux est également très importante. C’est d’ailleurs dans une de ces colocs très à l’américaine que nous passerons notre première nuit.

Chris, originaire de l’état de Géorgie est joueur de frisbee (j’ai l’impression de passer mon temps à écrire cette phrase) et ami de nos coéquipiers barcelonais et de notre ami Beto à San Cristóbal. Il travaille pour une petite boîte de tourisme d’aventures (ascension de volcans, VTT, rafting…) et vit avec sa copine et ses colocs presque tous salariés ou fondateurs de petites ou grandes ONG. Super dîner maison puis tournée de certains bars (la salle Electro du second bar me télétransporta à Barcelone pour un moment). 

Chris et les toutous

Il y avait clairement un potentiel assez intéressant à rester à Antigua plus longtemps surtout pour nos contacts et leurs différents projets (par exemple Garden of Hope fondé par Claire ou même la perspective d’escalader le volcan Acatenango avec Chris et sa copine le week-end suivant) mais nous n’avons pas beaucoup plus de temps cette fois-ci. Notre vol pour la Colombie décolle dans une petite semaine depuis Cancun où il nous faut remonter. 

L’autre très bonne idée de ce trip au Guatemala c’est de retrouver Mélanie (française par son père nancéen et guatémalteque par sa mère) qui a été ma collègue chez VeryChic à Barcelone en 2013. Grâce à Mélanie, que je découvre enceinte de 4 mois, nous partagerons notre meilleur déjeuner “typique” depuis notre arrivée dans le pays et aurons le plaisir d’être également reçus chez Mélanie et Alejandro pour dîner dans leur maison de Guatemala City (actuelle capitale) d’où part notre bus de nuit vers le Péten (nord du pays). 



Flores et Tikal 

Là aussi nous avons longuement hésité. Le site archéologique Maya de Tikal est cher, voire très cher en comparaison avec les sites mexicains que nous avons eu la chance d’explorer. Poussés par Mélanie qui nous suggère pleine d’engouement de nous y rendre pour le lever du soleil, nous finirons par nous faire à l’idée. 

Arrivés à 7h du matin à Flores et cueillis par une agence touristique où l’envie de tout nous vendre ne manque pas, nous négocions et organisons tant bien que mal les deux jours à venir et, procédure gouvernementale oblige, nous nous rendons à la banque (rien que ça !!!) pour acheter le Saint Grâle : le fameux droit d’entrée à Tikal et son supplément lever du soleil (l’équivalent de presque 65€ pour deux personnes étrangères sans guide ni transport). 

Grand luxe, nous passerons la nuit dans un joli petit hôtel de 13 bungalows à l’entrée de la jungle afin d’être prêts pour retrouver notre guide à 4h du matin. Sûrement l’endroit le plus chic où nous avons séjourné depuis notre départ. Il n’y a pas du tout d’électricité sur le site à partir de 21h ce qui nous permet de profiter d’un incroyable ciel étoilé. 

Oui pour ce magnifique lever de soleil sur les pyramides et la jungle, pour le réveil de la faune qui s’agite, qui hurle, qui s’éveille, pour ces oiseaux, ces singes, ces ratons laveurs, pour la beauté du site et la végétation luxuriante dont je ne pourrai jamais me lasser, oui cela valait la peine !!! 

Éclatés mais ravis au lever du soleil

Beau dos

Pour l’échelle

Pour l’anecdote, Tikal inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, a servi de décor à l’épisode IV de Star Wars de George Lucas, au dernier Indiana Jones de Steven Spielberg et au très controversé Apocalypto de Mel Gibson (car dépeignant les Mayas sous un jour ultra violent). Tout cela a participé à la notoriété mondiale du site. 

En bonus, ma fierté : la galerie animaux

Petit bilan 

Deux semaines sont un laps de temps bien trop court pour émettre un quelconque jugement sur le Guatemala. Nous n’avonsns délibérément vu qu’une petite partie du pays puisque nous avons choisi de rester au même endroit une semaine entière mais nous repartons avec d’incroyables souvenirs. Le Guatemala est un pays rural sans industrie forte si ce n’est le tourisme qui permet à certains de sortir de la pauvreté. Bien sûr, seule une petite partie de la population bénéficie de ces rentrées d’argent. Nous avons été marqués par les inégalités et les contrastes incroyables qui nous ont sauté aux yeux en si peu de temps. Des endroits comme San Marcos au bord du lac révèlent une scission assez nette et parfois déconcertante entre voyageurs babas cool et locaux. Une cohabitation mais peu d’échanges et une économie à deux vitesses avec les épiceries fines et autres commerces destinés aux étrangers et les conditions de vie très basiques des locaux (il n’y avait plus d’eau courante dans la partie haute du village notre dernier jour). Il y aurait beaucoup à raconter et à discuter mais je ne cherche pas là à analyser la situation de ce beau petit pays d’Amérique Centrale sinon juste de donner mes premières impressions…

Mon chouchou pour le mot de la fin

Après une longue remontée en bus qui nous permit de traverser le Belize, nous remontons vers Cancun afin de nous envoler vers Bogotá en Colombie. Pas le choix, cette fois-ci cela sera l’avion ! 

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This entry was written by pouloche and published on March 25, 2017 at 6:05 am. It’s filed under Francais and tagged . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

2 thoughts on “Deux semaines au Guatemala. Pourquoi pas ? 

  1. Hello les baroudeurs , je suis seul à la maison et je regarde à nouveau les photos , je ne sens pas l’énergie , par contre c’est d’une beauté sidérante !! LE LAC et les photos d’animaux .
    Vivement la suite !
    Bisous de la jungle saulnoise .
    Papa Dan .

    Liked by 1 person

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