La Bohème

Medellín, Antioquia 

Medellín. Encore une ville dont je ne connaissais que le nom et qui n’évoquait que très peu pour moi. 

Capitale de la région d’Antioquia, cette ville innovante de plus de 3.5 millions d’habitants (avec banlieue) fait la fierté des “paisas”de Medellín. 

Tout est toujours relatif

Il faut dire que Medellín revient de loin. Très loin. 

Pour simplifier les choses, on peut dire qu’en quelques années, Medellín est passée de capitale mondiale de la drogue à ville modèle. 

De nos jours malgré ses failles et ses problèmes, elle est considérée comme un exemple urbain en Amérique Latine. 

Les changements des 20 dernières années sont en effet spectaculaires. 

Escalators mécaniques et funiculaires qui mènent aux quartiers les plus hauts de la ville qui n’étaient auparavant que misère et violence. Dans ces quartiers vivent des familles qui étaient auparavant totalement marginalisées et éloignées du centre ville. 

Un réseau de métro moderne, efficace et respectueux de l’environnement (0 papier puisque les tickets même à usage unique sont chargés sur des cartes qui sont sans cesse réutilisées). 

Des investissements importants dans des infrastructures modernes. J’ai notamment été impressionnée par les parcs, les musées et bibliothèques publiques de certains quartiers. 

Botero original

Botero revisité

Une culture alternative riche et une reprise en main de la ville par ses habitants avec de nombreuses initiatives locales et une expression via le graffiti ce qui contribue à redonner des couleurs à la ville. 

Pour bien se rendre compte de toute la violence subie par les habitants il suffit d’engager la conversation avec les chauffeurs de taxi (le passé douloureux étant très récent, tous les plus de 25 ans ont quelque chose à dire sur le sujet). Que ce soit les narcotrafiquants, les guérilleros (comme les FARCS) ou les para militaires, ils ont tour à tour ou conjointement contribué à cette spirale de la violence. Un autre moyen de prendre un peu conscience est de se rendre à l’excellente Casa de la memoria, musée qui comme son nom l’indique contribue à ne pas oublier les démons du passé pour mieux éviter qu’ils ressurgissent. 

Façade Casa de la Memoria

Bien sûr tout n’est pas si facile et la ville souffre encore. Il faut dire que Medellín est encore et toujours une plaque tournante de la cocaïne et bien que les cartels les plus importants n’existent plus aujourd’hui et que la paix se soit installée, le trafic et toute la violence qui en découle continuent dans l’ombre. Le plus important des narcotrafiquants, “le patron” de la cocaïne, Pablo Escobar mort en 1993, est enterré dans sa ville chérie Medellín mais la plupart des locaux rencontrés se gardent bien et à juste titre de valoriser ou d’idéaliser le personnage dans la crainte de contribuer à en faire un mythe aux yeux des étrangers. Il est vrai que la série HBO Narcos contribue à faire connaître le personnage, sa mégalomanie et la violence meurtrière avec laquelle il régnait sur la ville et de nombreux étrangers surtout américains débarquent à Medellín sur ses traces (il existe même tristement un tour “Pablo Escobar” qui cartonne à Medellín). D’ailleurs, petit conseil de plusieurs colombiens pour qui veut vraiment comprendre l’histoire de Pablo Escobar, la série documentaire colombienne “El patrón del mal” semble la meilleure à ce jour et sans filtre à l’américaine ! 

La mort de Pablo Escobar par Botero

C’est donc après 4 jours intenses de tournoi à déambuler dans Medellín d’un terrain à l’autre que nous avons décidé d’explorer la ville 5 jours de plus. 

Calvin, le seul joueur de l’équipe Molly Brown a être resté quelques jours de plus en Colombie sera notre acolyte pour 3 jours. 

Nous profiterons aussi de la facilité des transports pour nous échapper une nuit vers Guatapé, joli petit village à deux heures du centre de Medellín. Cet endroit étonnant, extrêmement prisé par les colombiens m’avait interpellé depuis l’avion en arrivant de la côte Caraïbe une semaine auparavant.

Nous n’avons en effet pas été déçus par les paysages mais j’aurais préféré une expérience moins surfaite. Je suis toujours un peu étonnée par cette magnifique pierre “privée” (le propriétaire est un particulier !) posée au milieu de lacs artificiels où il faut payer un prix guère raisonnable pour monter et apprécier la vue ainsi que les magasins de souvenirs à l’intérêt inexistant. J’ai su par la suite qu’il existe d’autres pierres dans les alentours et qu’elles ne sont pas exploitées au niveau touristique. Bon peut être une prochaine fois. Quoi qu’il en soit le vélo et le kayak étaient plutôt sympas. 

Autres constats sommaires sur Medellín :

– les gens sont les plus sympas, chaleureux et accueillants rencontrés en Colombie. Il est très agréable de déambuler dans les rues où de prendre les taxis. Je ne suis pas rentrée à l’hostal une seule fois sans avoir discuté plus ou moins longuement avec au moins trois personnes dans la journée. 

– Nous sommes sortis quelques soirs. Je peux témoigner. Oui Medellín est bien un centre névralgique en ce qui concerne la chirurgie esthétique (le tourisme esthétique est d’ailleurs un gros contributeur au niveau économique). Tout simplement la plus importante collection imaginable de faux seins et faux culs jamais vue. Cela peut faire sourire mais ces incroyables poupées barbie sont en fait elles aussi souvent une conséquence du narcotrafic et de ses excès. L’image de la femme objet et les codes de la beauté dictés par l’argent facile font à présent partie intégrante de la culture de la région et par extension du pays. Assez impressionnant. 

Pas de pression…

– Rencontrer les femmes de la Comuna 13 raconter la violence sans limite dans leur quartier et pouvoir suite à cela déambuler dans les rues, jouer avec les enfants et apprécier l’art de rue sans se sentir en insécurité donne quelques frissons. En effet les escalators qui permettent de lier le quartier au métro le plus proche et donc par extension l’ouverture vers la ville et donc le tourisme dans ce quartier n’a que 6 ans. Facile de se projeter et d’essayer d’imaginer la vie oppressante dans ces quartiers il y a moins d’une décennie. 

– Quand il se met à pleuvoir en cette saison des pluies, ce sont des torrents d’eau qui s’abattent sur la ville. Surtout l’après midi. Oui nous en avons fait les frais…

Nous partons à présent vers  “l’eje cafetero” à la découverte de nouveaux paysages. 

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This entry was written by pouloche and published on May 11, 2017 at 2:52 am. It’s filed under Francais and tagged . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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