La Bohème

Armenia, Salento, Filandia – Quindío

Le Quindío est une petite région au Sud de Medellín. 

9 heures de bus pour cause de glissements de terrain et donc de nombreuses pauses à attendre que la route soit dégagée. Cette jolie parenthèse dans la région du café débuta ainsi par une nuit à Armenia faute de pouvoir trouver un bus vers le village de Salento après 20h.  

J’apprendrai par la suite qu’il s’agit de la deuxième région la plus pluvieuse de Colombie. D’autant plus en cette saison. 

Petit trésor vivant

Salento

Au petit matin, nous quittons Armenia sous le soleil pour rejoindre Rory McCann (“young Rory”), irlandais connu à Barcelone puisqu’il joua dans notre équipe d’ultimate durant son semestre à l’étranger. Rory est aussi sur la route depuis des mois et nous avons plein de choses à nous raconter. 

Young Rory et Old Rory

Avant cela, nous passons ce matin là un bon quart d’heure à discuter de Macron et Le Pen mais aussi du reste de l’Europe avec notre surprenant chauffeur de taxi. Et oui c’est dimanche d’élections en France et ce monsieur est très bien informé mais souhaite en savoir plus et me pose donc plein de questions. 

Aussitôt arrivés à Salento, nous déposons nos sacs dans l’Hostal où loge “young Rory” depuis plusieurs nuits puis partons en Jeep pour rejoindre la magnifique vallée de Cocora qui allait devenir selon moi l’une de nos plus jolies balades en Colombie. 

Dans cette vallée verdoyante, l’homme a planté des palmiers “cire” pouvant atteindre jusqu’à 60 mètres d’altitude. Ils sont uniques au monde. Les paysages et les jeux d’ombre et de lumière sur les montagnes sont magnifiques d’autant que l’humidité ambiante contribue à rendre l’atmosphère presque fantastique. 

Nous prolongerons la marche pour faire une boucle de 5h et visiter une Finca aux colibris et goûter pour la première fois l’agua de de panela con queso (infusion de canne à sucre pure avec des tranches de fromage). 

Passion photo oiseaux quand tu nous tiens. 

Après quelques nuits pluvieuses à Salento et suite au départ de “young Rory” , nous décidons de partir tenter notre chance vers le village de Filandia un peu plus en altitude, décrit comme moins touristique et plus authentique. 

Filandia

Il ne nous reste plus qu’une semaine en Colombie et la grande question est de savoir où nous irons balader notre sac à dos avant notre décollage depuis Bogotá le 16 mai. 

Filandia nous a indiqué le chemin assez naturellement. En effet trop heureux d’avoir trouvé un endroit chaleureux (selon nous l’hostal avec clairement la meilleure ambiance depuis le début du voyage) et absolument enchantés par l’atmosphère dans le village et les possibilités de randonnées dans le coin, nous ne nous poserons pas plus de questions et y resterons jusqu’à notre départ pour la capitale. 

Luna forever

Les paysages ici sont typiques de la région caféière colombienne. Vallonné, très vert, avec des plants de café et de bananiers à perte de vue, de magnifiques Fincas de café souvent très colorées avec de jolis jardins fleuris bien entretenus et de hautes montagnes à l’horizon (le parc de Los Nevados sur la cordillère centrale voit son plus haut sommet culminer à 5700 mètres d’altitude). 

De plus, il faut dire qu’ici tout le monde est adorable et nous nous sommes clairement sentis comme à la maison. Pour ne rien gâcher nous nous sommes rapidement et très naturellement recréés un petit groupe avec trois français voyageurs, Charlotte, Sophie et Thomas avec qui nous passions nos journées entières. 

Devant notre cher Bidea Hostal

Randonnées, nouvelle rencontre avec les singes hurleurs, bonnes bouffes, petit cafés sur la place centrale du village, jeux de carte, guitare, sortie vélo, ateliers de tissage de paniers traditionnels, jeu de tejo (la pétanque locale), jus de fruit frais, cure de petits pains “de bono” au fromage, vendredi nuit mémorable dans la discothèque du village…

Passion panier en “bejuco”

Création Siata

Bref tout un programme ! 

Les ressources naturelles en Colombie :

Suite à mes questions, un colombien assez militant des environs de Filandia, nous parla beaucoup d’une réalité beaucoup moins enchanteresse de la Colombie. 

Les mines géantes (“megaminas”) avec par exemple la mine d’or de la Colosa à Cajamarca dans la région de Tolima, représentent en effet un fléau pour l’environnement. Quindío à sa manière souffre également de cette exploitation barbare des ressources naturelles colombiennes par les multinationales étrangères puisque bien que protégé des mines (interdites suite à un référendum populaire), le Quindío doit faire face à un autre fléau. En effet, il y a un grand intérêt économique à rendre le territoire toujours plus compétitif en termes de production d’énergie. Pas nécessairement pour alimenter les habitants mais bien pour rendre l’exploitation de ces gigantesques mines à ciel ouvert plus performante. Du coup les centrales hydrauliques et autres lignes à haute tension sont installées jusque dans les réserves naturelles ! C’est tristement bientôt le cas de la réserve Barbas Bremen où nous avons eu la chance de faire ami ami avec le singe hurleur. Les nombreuses manifestations des habitants n’y ont rien fait. Une ligne de haute tension va bel et bien traverser la réserve. L’argent et le corruption des politiques colombiens aidant bien évidemment car aucune multinationale étrangère ne pourrait agir ainsi sans l’accord préalable de la Colombie.

Un vaste sujet qui nécessiterait bien plus de développement mais qui me paraissait intéressant de soulever. 

Il est à présent temps de dire aurevoir à tous nos nouveaux compagnons pour prendre le bus de nuit vers Bogotá et la maison de Milton, un copain frisbee de Barcelone, rentré en Colombie depuis plus de 4 ans. 

Milton!

Gabachos sur les hauteurs de Bogotá

Retrouvailles avec Laura pour déjeuner

Iván, Jairo et Maria. Retrouvailles frisbee à Bogotá ! 

Nous réalisons a peine le chemin parcouru et à quel point ces sept semaines en Colombie ont été riches, diverses et variées. Malgré cela, nous partons tout de même avec la sensation de n’avoir vu qu’une petite partie de cet immense pays ce qui nous conforte encore plus dans notre idée initiale de ne pas parcourir trop de pays mais de plutôt prendre le temps d’essayer de les comprendre et de vraiment les connaître. La Colombie est pleine de contrastes, de couleurs, de saveurs, de beautés naturelles extrêmement variées mais aussi d’inégalités profondes. Dur de se dire parfois que l’indigène Wayuu du désert de l’Alta Guajira ou le Kogi perdu dans la Sierra de Santa Marta vivent par exemple dans le même pays que l’étudiant privilégié de Bogotá ou le riche propriétaire terrien du Quindío. Nous repartons bien moins ignorants de ce pays étonnant à l’histoire récente mouvementée et violente mais avec l’envie d’en savoir plus et d’en voir plus ! 

La prochaine étape est un changement de décor radical. Je ne réalise pas vraiment mais nous nous apprêtons à décoller loin de notre nouvelle zone de confort Latino américaine à la découverte du Japon… 

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This entry was written by pouloche and published on May 17, 2017 at 2:51 am. It’s filed under Francais and tagged . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

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