La Bohème

Konnichiwa Tokyo ! 

Ce fut un long vol depuis Bogotá, une escale à Dallas puis une arrivée sans encombre sur le sol japonais. L’excitation est palpable. Nous sommes surexcités à l’idée de mettre enfin les pieds au Japon. Même après avoir visionné dans l’avion l’oppressant film mélodramatique japonais Harmonium de Kofi Fukada, je suis curieuse de me confronter à cette culture japonaise avec tout ce qu’elle comporte de non dit et de refoulement.

Nos premiers pas à Tokyo sous le soleil de cette fin de printemps sont un véritable choc. Ce n’est pas la démesure qui m’impacte le plus en premier lieu mais la propreté, l’esthétisme ambiant et le calme. En effet, après des mois en Amérique latine et le jet lag faisant son effet, j’ai l’impression d’évoluer dans un rêve, un monde de coton où les gens sont ultra disciplinés dans les transports comme dans la rue, les rues impeccables, calmes et ordonnées. Même les voitures sont plus silencieuses et l’air n’est pas saturé. Quelle différence profonde entre notre arrivée à Mexico City ou à Bogotá et notre arrivée à Tokyo. Nous nous y attendions mais je ne pensais pas ressentir des émotions à ce point différentes. 


Nos trois point de chute à Tokyo pour ces 11 nuits 

Étape 1
D’abord un joli appartement durant 4 nuits derrière la station de Ueno dans le quartier de Taito. Par expérience et suite à notre jet lag en arrivant à San Francisco en janvier nous savons qu’il vaut mieux avoir un endroit cosy où se reposer en arrivant. Nous avons donc, folie, décidé de réserver un petit appartement sur Airbnb pour encaisser les premières nuits et nous adapter à notre nouveau rythme. 

Carnaval dominical dans notre quartier

Étape 2
Ensuite dans le quartier de Hiro, un futon posé à même le sol durant 4 nuits chez un japonais original voire excentrique, travaillant pour le magasine Vice et adepte du site web Couchsurfing. Ce japonais hors du commun accueille en effet des hordes de voyageurs dans son petit chez lui qu’il soit à la maison ou qu’il soit en voyage. Nous avons ainsi passé 4 nuits chez lui sans même le rencontrer en personne ! Assez incroyable je le concède. Au bout de quelques nuits et quelques très belles rencontres, lorsque le squat est crescendo devenu trop intense, (comprenez, 11 personnes dans un tout petit appart), nous avons refait nos sacs et sommes partis. 

Cohabitation

Étape 3
Pour finir en beauté, une chambre pour 3 nuits dans un appart ultra moderne dans le quartier d’Ebisu. Oui, Doug, copain de copains de Rory est américain, la quarantaine, joue au frisbee (j’ai d’ailleurs pour l’anecdote joué contre lui et son club Iku en Italie aux championnats du monde en 2014 et Rory en 2015 lorsqu’il a joué contre le Japon aux championnats du monde à Dubai). Doug est également le directeur financier d’Amazon pour de multiples pays en Asie. Par conséquent, il vit plutôt bien. 

Petit déj maison

Les retrouvailles et autres rencontres 

Yasu 

Durant mon semestre d’étude à l’université de lettres de Lisbonne en 2011, j’ai rencontré Yasunori, étudiant japonais qui avait à l’époque reçu une bourse pour perfectionner son niveau de portugais. Yasu est maintenant marié et est papa du petit Lui. Toujours plus ou moins en contact (merci Facebook), nous nous sommes mis d’accord pour nous retrouver  autour d’un déjeuner dans le quartier de Shinjuku à Tokyo.

Miki 

Elle était quand à elle dans une autre classe à l’université de Lisbonne la même année et c’est par l’intermédiaire de Yasu que nous nous étions rencontrées. Miki a vécu une partie de son adolescence aux États-Unis donc il a toujours été plus facile pour moi de communiquer avec elle en anglais. Miki ne vit pas à Tokyo mais en banlieue et elle est venue dormir chez sa sœur pour pouvoir nous voir et nous nous sommes donc retrouvées  pour un après-midi et une soirée bien japonaises ! 

Nassim et les autres colocs

Le squat Couchsurfing nous permit de faire de belles rencontres comme notamment Nass, français de Montpellier en voyage de quelques semaines entre Thaïlande et Japon. 

Le gang frisbee 

Le frisbee. Toujours le frisbee. Comme dans tous les pays visités nous avons eu le plaisir de connaître certains des membres de la communauté frisbee locale. Mix intéressant d’expatriés et de locaux avec lesquelles nous participons à quelques entraînements et quelques soirées dont une assez mémorable. 

Doug qui nous accueillit et Kristin sont les deux avec lesquels nous passerons le plus de temps. 

Nos expériences bien japonaises 

Sans essayer de les classer chronologiquement, voici quelques unes de nos expériences bien japonaises à Tokyo. 

  • Tester un Purikura avec Miki à Harajuku, quartier haut en couleurs de l’arrondissement de Shibuya. Lieu de prédilection de la jeunesse passionnée de mode excentrique et de culture girly Kawai. Le Purikura (quel nom !) c’est ce photomaton ultra retouché qui est une institution chez les jeunes japonaises de moins de 16 ans. Oui oui nous faisions un peu tâche et le résultat est effrayant mais quel délire. 

  • Essayer de comprendre mon premier cours de yoga en japonais dans le quartier d’Ebisu avec une prof japonaise qui parlait très très très peu anglais et une seule élève japonaise qui elle ne parlait pas. Je m’en souviendrai. Heureusement les cours qui ont suivi, dispensés en anglais par une prof brésilienne installée à Tokyo ont contrebalancé l’expérience. 
  • Retrouver notre chemin dans le métro d’abord avec internet (WiFi portable à glisser dans le sac prêté par le proprio du premier appartement) puis sans internet et avec des foules de japonais de partout. Le monde souterrain japonais parfois long de plusieurs kilomètres est fascinant. Temps d’attente ultra courts et efficacité incroyable et une organisation stupéfiante. Toutes les entrées dans les rames sont indiquées au sol et ils sont tous en file d’attente, calmes, patients. Une fois en route, ils sont tous silencieux, plongés dans une micro sieste ou entrain de lire (par exemple) leur manga sur la tablette ou leur portable. A la sortie dans les escalators, je m’applique à suivre le mouvement en restant bien sûr à gauche pour ne pas géner le bon fonctionnement de la fourmilière. 

  • Faire un picnic dominical en famille au parc dans la banlieue Tokioite avec Yasu, Miki et Lui. Au programme bouffe japonaise, origamis et frisbee. 

  • Arroser une soirée au saqué avec des business man japonais sortis du bureau. Mon acolyte Nassim et moi même, atterris par hasard dans un petit bar de quartier à Roppongi (célèbre pour sa vie nocturne tout de même) avons eu l’occasion de tester notre japonais basique durant plusieurs heures avec les cinquantenaires Kosuke et Moto-o.

  • Une soirée Karaoké à la japonaise bien trop arrosée (alcool à volonté durant le dîner puis durant le Karaoké). Quelle bonne opportunité de pouvoir nous joindre à la soirée d’une équipe frisbee locale pour nous laisser transporter dans la célèbre machine enchantée, dans cet autre espace ! Je n’en rajoute pas. Depuis sa naissance dans les années 70, le Karaoké, véritable exutoire social, est intimement lié à la culture japonaise (l’industrie du Karaoké rapporte plus tous les ans au Japon que l’industrie cinématographique). Pratiqué dans des chambres insonorisées dans les grands buildings, le Karaoké est partout et permet à toutes les classes sociales de s’exprimer. C’est un exercice qui se pratique d’ailleurs beaucoup entre collègues voire même entre entrepreneurs lors de réunions d’affaires ! Bref, les anecdotes durant notre soirée sont nombreuses et pas toutes racontables. Merci de m’envoyer un email si vous souhaitez en savoir plus. 

  • Prendre le métro aux heures de pointe enfin pas pointe extrême car nous n’avons pas eu l’occasion de tester le service des “pousseurs” qui font en sorte que tout le monde rentre dans le wagon même lorsque cela défie les lois de la physique. 

  • Savourer un thé vert matcha (poudre très fine de thé vert moulu) dans une maison du thé traditionnelle. 

  • Faire le geek ou l’otaku (une personne qui consacre une partie de son temps à une activité d’intérieur) dans le quartier électrique d’Akihabara. Salles d’arcade, jeux vidéos rétros, mangas, maid cafés (cafés où les jeunes filles portent uniformes de domestique ou cosplay, une fusion de costume et play), sex shops et culture populaire japonaise en général.

Irasshaimase! (Bienvenue !)

  • Voir des Sumos. Oui enfin ce dernier point ne compte pas vraiment car nous les avons seulement vus à la sortie de leur entraînement puis de leur tournoi. Nous n’avons pas assisté à la compétition officielle. Rien que là, ils sont déjà impressionnants. 

  • Traverser les plus grands carrefours Tokioite à la tombée de la nuit pour nous mêler aux foules. 

La bouffe japonaise : Un  bien vaste sujet

Ce sujet mérite une section à lui seul car c’est un des highlight de ce voyage japonais. Tous deux férus de gastronomie nippone surtout grâce à l’offre assez qualitative de Barcelone en la matière, nous avions plus que hâte de la tester in situ. Voici quelques uns de nos moments forts. 

Certaines choses au Japon sont surprenantes voire même parfois déconcertantes de par leur antagonisme. 

Quelques remarques en vrac sur ce pays surprenant :

  • Fumer au restaurant, au bar ou après le bain (vu plus tard à Kyoto). Nous avons halluciné le premier soir au restaurant. Les japonais ne peuvent souvent pas fumer en marchant dans la rue mais il peuvent accompagner leur ramen ou leur plateau de sushis d’une cigarette !
  • Manger ses pâtes ou sa soupe en faisant beaucoup de bruit pour véritablement apprécier la saveur du plat. Cela contraste plutôt pas mal avec leur discrétion et leur pudeur mais aussi avec leur aversion pour les bruits physiologiques. Ce sont quand même eux qui ont une option musique ou ¨bruit de chasse d’eau¨ dans leurs supers toilettes révolutionnaires. Et oui, dans ce cas, tout est pensé pour couvrir les bruits éventuels mais pas quand on avale sa soupe !
  • Se récurer à l’extrême dans les bains publics. Se laver, relaver, relaver encore. A tous les âges. Cette obsession de l’hygiène se retrouve dans leur folie du plastique et de l’emballage systématique. 
  • La classe mystérieuse des taxis tokyoites avec leurs chauffeurs plutôt seniors, ultra classes et souvent gantés. Leurs portes s’ouvrent et se reforment même automatiquement ! Futuriste ! 
  • Se couvrir le visage en cabine pour essayer un top. Vécu à Uniqlo. J’ai mis du temps à comprendre ce que la vendeuse attendait de moi. 
  • Ce mix omniprésent de modernité et de tradition. Au niveau de l’architecture c’est omniprésent même si la quasi totalité des édifices et autres maisons traditionnelles ont totalement disparu durant le grand tremblement de terre et les incendies de 1923 (le pire tremblement de terre de l’histoire de l’humanité) ou encore durant les bombardements effroyables de la seconde guerre mondiale.

Enfin ce dont je ne me lasse pas et ne me lasserai probablement jamais ici au Japon :

  • La jolie vaisselle et l’obsession du détail 
  • Le thé à volonté offert dans tous les restaurants. Inutile de commander une boisson. 
  • Les jolis parcs et autres havres de paix en plein cœur de la mégalopole. Contrastes assez intéressants. 
  • Les supermarchés nippons et leurs mille et unes surprises. 
  • Les toilettes (surtout les fameuses toilettes “nettoyantes” à la japonaise !) gratuites, propres et très très faciles à trouver sur le chemin. Un bonheur lorsque on est en itinérant toute la journée. 
  • La sensation de sécurité absolue partout et le climat de confiance totale.Si je n’ajuste pas mes habitudes à ce niveau là, je risque de me faire piller durant la prochaine étape du voyage hors Japon.
  • L’air pur. L’air n’est pas ou que très peu pollué malgré la taille de la mégalopole (37 million d’habitants !) grâce à leurs moteurs hybrides ou autres voitures électriques et le service ultra efficace des transports en commun (métro et RER local appelé JR).  En effet il y a peu de voitures dans les rues. Pour l’anecdote, pour pouvoir acheter une voiture à Tokyo, il faut déjà pouvoir prouver que vous avez un parking. Sinon n’y comptez même pas. 
  • La diversité de la gastronomie japonaise et la qualité du service dans les restaurants (même les plus simples et sans prétention). 
  • Les petites découvertes incessantes souvent loufoques du quotidien. Je découvre (au moins) une nouvelle folie ou bizarrerie japonaise par jour. 
  • Les Dorayaki : cette fusion sandwich /pancake fourrée à l’Azuki (haricots rouges sucrés) que je mange quotidiennement. 
  • Les petites surprises en termes d’architecture. 

Oui ce sont des toilettes !

Quartier de Shibuya

Il y a tant de photos, tant de choses que j’aimerais encore partager mais Kyoto et ses mille trésors m’appelle. 

Prochaine étape, le Japon traditionnel : Kyoto. 

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This entry was written by pouloche and published on May 30, 2017 at 9:26 pm. It’s filed under Francais and tagged . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

3 thoughts on “Konnichiwa Tokyo ! 

  1. Julie on said:

    Un coucou à tous les 2 !!
    Je viens de rattraper mon retard de lecture…
    Vous avez fait de superbe découverte et parfois vous avez eu énormément de courage, je vois tire mon chapeau ! (Rien que les araignées en Colombie, je rebrousse mon chemin)
    Profitez bien de la suite et au plaisir de vous lire encore et encore.
    Gros bisous

    Liked by 1 person

  2. Dany on said:

    Et bien ma puce , ce que tu as partagé c’est déja fabuleux ! mais effectivement on prend la suite avec grand plaisir .
    Konnichiwa .
    Papa Dan .

    Liked by 1 person

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