La Bohème

Semaine à Kyoto. Merci les Japonais. 

Kyoto est située dans la région du Kansai au centre de l’île de Honshu (pour mémoire le Japon est un archipel dont les 4 îles principales sont, du Nord au Sud, Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu). 

Elle fut capitale impériale du Japon de 794 à 1868 sous le nom à l’époque de Heian–Kyo (Capitale de la paix et de la tranquillité). 


Étape 1 : la rencontre avec Kyoto 

Kyoto est un petit bijou et la richesse culturelle et historique de la ville est assez hallucinante. Après une courte nuit à crever de chaud dans notre cheap bus depuis Tokyo, nous y voici fraîchement débarqués à 6h du matin. Passé le cap du rideau filet entre les sièges, c’est la petitesse de sièges et le peu d’espace vital qu’il nous faudra surmonter. 

Intimité à la japonaise

Pour la petite histoire dans la grande Histoire, contrairement à  Tokyo qui fut complètement ravagée par les bombes et autres raids aériens, Kyoto a été épargnée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Elle échappa également de justesse à la destruction atomique car la ville figurait en tête des cibles désignées par les américains. Apparemment, un secrétaire de guerre américain et certains conseillers (qui connaissait la richesse culturelle de la ville) estimèrent que sa destruction serait un obstacle trop grave à une réconciliation ultérieure avec le Japon… Hiroshima et Nagasaki n’eurent pas ce privilège. 

L’idée pour cette expérience à Kyoto est de passer la première nuit dans un Hostal puis de rapidement déménager dans la maison de notre hôte Shun rencontré via le site Couchsurfing.com. L’expérience Hostel au Japon est une réussite à laquelle nous ne nous attendions pas. En effet, l’hostel Wasabi, vivement recommandé par un italien rencontré dans notre squat à Tokyo, est installé dans une ancienne maison traditionnelle japonaise et est sûrement l’un des meilleurs hostels depuis le début de notre aventure. 

Kyoto est la ville parfaite pour qui aime se déplacer en vélo. Nous enchaînerons donc les visites sur nos petits bolides durant les premières 48 heures. Assez pour nous rendre compte que certaines zones de la ville sont extrêmement touristiques. En effet, toutes les nationalités sont représentées mais Chinois et Taïwanais semblent être omniprésents et beaucoup se baladent en habits traditionnels japonais, ce qui est très joli mais n’est pas exactement le genre d’expérience que nous recherchons. 

Face à la rivière Kowagawa

L’expérience la plus étrange de ce début de séjour est sûrement la montagne aux singes de Kyoto. 

Les instructions sont de ne pas les regarder dans les yeux, de ne pas les toucher, de ne pas les approcher à plus d’un mètre et de ne pas les nourrir. Les singes “neige” sont en liberté sur cette colline et les touristes peuvent (s’ils le veulent vraiment !) les nourrir mais uniquement dans une espèce de maison grillagée. 

Un peu bizarre de voir tous ces gens déambuler entre les singes, le tout ponctué par des cris (animaux ou humains)  car ils sont parfois agressifs (s’ils sentent les petits en danger par exemple). La couleur rouge écarlate de leur gueule et de leur cul à l’âge adulte provient seulement du fait que l’on peut voir le sang à travers leur peau. 

Nous sommes arrivés en pleine saison des naissances puisque les petits voient le jour entre avril et juin. Exclu : depuis ce jour, Rory veut absolument un bébé singe.  

Kyoto regorge de temples et je n’ai pas l’intention de tous les énumérer. En voici un qui m’a beaucoup plus, le temple Hourin-ji (temple des Dharmas) 

Dharmas : symboles de la patience et de l’effort

Visite d’Hourin-ji en pantoufles

Ce qui est assez intéressant à Kyoto, c’est de voir à quel point les flux touristiques sont orientés vers l’un ou l’autre site. A l’inverse certains sites qui à nos yeux valaient vraiment la peine étaient absolument désertés par les touristes bien que libres d’accès ou très peu chers. Pas compris. 

Pourquoi la pagode près du temple Ninna-Ji est elle complètement mais complètement boudée par les touristes ? 

Comme quoi, les rencontres avec les japonais sont possibles même avec la barrière de la langue. 

La smala anti tatoos

Après quelques kilomètres de vélo, nous sommes tombés sur ce café qui ressemblait plus à une maisonette. Cette fois ci la conversation se limitera à parler de ma punk attitude car oui comble de la débauche, mes oreilles sont percées et je porte des boucles d’oreille en Origami, ce qui les intriguent beaucoup. Ils enchaîneront d’ailleurs par la question suprême : “Avez-vous des tatouages ? Non ? Vous êtes sûrs ?”. Ouf je pourrai donc aller faire trempette dans un célèbre bain japonais de la ville : un onsen (interdit d’accès si le corps est tatoué). Nous confirmons ce que nous savions déjà, les japonais sont globalement anti tatouages car ces derniers sont associés aux Yakusas (la mafia locale). 

A l’entrée d’un Onsen (plus de détails plus bas) 

Oui bon bref, quand même, au quotidien, l’espagnol nous manque et nous conversons quand même clairement moins avec les japonais que nous le faisions avec les mexicains, guatemaltèques ou colombiens surtout que le niveau d’anglais au Japon est très très très basique. 

Pour cette partie du voyage, Rory et moi avons sagement décidé de passer du temps chacun de notre côté. Du coup, après 48 heures passées ensemble à Kyoto et beaucoup de vélo, de belles découvertes et autres rencontres, c’est vers la Corée du Sud que s’envole Rory pour la semaine pendant que je prends mes marques seule à Kyoto. 


Étape 2 : Seule à Kyoto 

Lorsque un Couchsurfing se passe bien, c’est clairement la meilleure chose au monde. Je pèse mes mots. 

Mon hôte Shun est un gamin japonais de 22 ans, étudiant mais également auto entrepreneur puisqu’il a lancé son premier Hostel à Kyoto. A côté de ça, il loue une maison traditionnelle japonaise qu’il va bientôt réhabiliter en Hostel. Pour l’instant, comme il n’y a pas de salle de bains mais juste un lavabo et un toilette, il ne peut pas en faire un Hostel à proprement parler. Du coup, il y accueille généreusement des voyageurs. 

Shun

Petite rue calme dans un quartier résidentiel à quelques minutes du métro et du centre de Kyoto, sol recouvert de tatamis, rideaux coulissants en bois et papier, grand salon tout en bois, futons à même le sol. Bref, le cliché est complet et Siata est aux anges. 

 En plus de ça, Shun, qui lui vit dans une autre maison à quelques rues de là, me prête un petit bolide rose sur lequel je me perds et reperds dans les rues de Kyoto ainsi qu’un WiFi portable que je garde dans mon sac lorsque je suis en vadrouille (et qui m’aide à me perdre un peu moins). 

Vélo miniature trop kawaiiiii

Bref les 6 nuits passées dans la maison de Shun sont une expérience que je ne suis pas prête d’oublier, surtout que celles ci s’accompagnent d’expériences complètement locales (et risibles) aux bains publics du quartier (dans les “sentos” puis dans les “onsens”). Oui je répète il n’y a pas de douche dans ma maison et une semaine sans se laver, ça faisait un peu long. 

Sento signifie littéralement ” l’eau chaude pour une pièce de monnaie”. C’est une institution au Japon et je n’ai pas vu l’ombre d’un occidental dans les sentos que j’ai eu la chance de fréquenter. Les différences fondamentales entre un sento et un onsen résident dans le fait que les onsen sont des établissements plus grands et souvent plus modernes et que ces derniers sont remplis d’eau de source volcanique (le Japon est situé sur plusieurs plaques tectoniques) naturellement chaude tandis que les sento utilisent simplement de l’eau chaude du robinet. Au-delà du bain classique, ces établissements (sento comme onsen) proposent une grande variété d’équipements : sauna, rotenburo (bains en plein air), bains à remous, bains électriques ou services de massage. Mis à part ça, les deux sont totalement nudistes, un côté hommes, un côté femmes et sont très appréciés des locaux qui s’y récurent durant des heures. Des petites vieilles ont été très gentilles avec moi et n’ont pas hésité à m’expliquer le bon fonctionnement des lieux. Enfin m’expliquer avec des gestes. 

Evidemment le bain c’est sans appareil photo… 

Shun est timide mais globalement moins réservé que la plupart des Japonais et surtout il parle bien anglais, est habitué aux étrangers et adore partager de bons repas et sa vision du Japon. Que des bonus pour moi qui recherche non pas à voir toutes les beautés de Kyoto (souvent très touristiques et à juste titre) mais à vivre une expérience 100% japonaise. 

Le déjeuner traditionnel japonais que nous prendrons le dimanche se transforma en formidable expérience puisque les serveuses peu habituées à voir des étrangers dans ce quartier et enchantées à l’idée de pouvoir communiquer avec moi en japonais par l’intermédiaire de Shun ont adoré avoir une française “Kawaiiiiiiii” dans leur restaurant. 

Mamie et le reste de la famille Siata sont aussi kawaiiiii

Du coup, sur le temps libre de Shun nous enchaînons balades en vélo, dîners et déjeuners japonais et même frisbee au parc. Il fallait bien que je le teste un petit peu. 

Un des gros coups de chance de cette semaine (un autre !) et de passer au bon endroit au bon moment (encore et toujours ces fichus timings) dans le célèbre quartier de Gion. Quartier des Geishas et des Maikos (jeunes filles en apprentissage qui deviendront peut être geishas un jour). 

Quand je ne suis pas avec Shun, je profite de la maison ou explore Kyoto. Assez intéressant de vivre cette partie du voyage seule pour un temps et de faire le point sur les aventures des 5 derniers mois. 

Même si je suis peu fière de ma consommation de plastique sur ce séjour (que j’essaye de compenser en recyclant un maximum), j’avoue que le supermarché Paket près de ma maison était un véritable paradis de la consommation pour moi petite occidentale perdue au Japon. 

Belle visite au Fushimi Inari Taisha où le renard est tout un symbole. Des milliers de portes orange où l’on zigzague parmi les touristes jusqu’à être assez haut sur le mont Inari et donc seule car enfin, beaucoup d’entre eux se sont découragés. 

Un renard parmi des milliers

Japonaises, chinoises ou taiwanaises ?

 Ancien et moderne se côtoient ici aussi :

Étape 3 : Journée a Nara 

Mon hôte étant occupé, je décide de prendre le train pour aller connaître la capitale encore plus ancienne du Japon, Nara, autrefois connue sous le nom de Heijō-kyō (Capitale du pays entre 710 et 784).

Nara, pleine de temples et de jardins magnifiques (8 sites reconnus par l’Unesco) a cette particularité d’être remplie de biches et de cerfs en liberté. Oui c’est assez surprenant et déconcertant dans un premier temps mais on s’y fait assez vite. Ces derniers sont extrêmement respectés car selon la légende une divinité montée sur un cerf blanc ailé serait arrivé à Heijō-kyō il y a des siècles. Depuis l’animal est vénéré et adulé à Nara mais également dans tout le Japon. 

“Qu’est ce qu’elle a elle ?”

Nara est clairement trop touristique à mon goût et j’ai ainsi délibérément décidé d’éviter les sites trop assaillis par les hordes de touristes. Cela n’en fait pas moins une petite ville magnifique, baignée de soleil ce jour là où j’ai pu déguster les meilleurs udons et tempura de la semaine.

Mon expérience à Kyoto a le goût des bons plans comme je les aime et je rêve vraiment d’y retourner. Mes moments forts à Kyoto resteront clairement les repas et autres visites aux bains de quartier. Inoubliable. 

La meilleure glace au thé vert

Départ depuis Kyoto Station

Le Japon en général a été un formidable coup de foudre et j’ai pris beaucoup de plaisir à essayer d’en savoir plus sur ce pays intriguant et si dépaysant où la pression sociale est si forte et les traditions si importantes. 

Merci les Japonais ! 

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This entry was written by pouloche and published on June 7, 2017 at 12:43 pm. It’s filed under Francais and tagged . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

4 thoughts on “Semaine à Kyoto. Merci les Japonais. 

  1. bonjourthomas14 on said:

    Super article, ça donne envie, buses de NZ

    Liked by 1 person

  2. Dany on said:

    Extraordinaire tout cela ! ( pour changer de fabuleux ) , tout donne envie , les visites , la nourriture et en bonus on peut même revivre le livre de la jungle ……
    Merci à l’apprentie japonaise .
    Papa Dan le jour de la fête des pères .

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