La Bohème

Flores, la traversée d’ouest en est ! 

De nouveau tous les deux après notre escapade avec les Dutchies, nous commençons notre traversée de Flores vers l’extrême ouest de l’île dans l’espoir d’arriver jusqu’au maintenant très célèbre Parc National de Komodo (leur marketing est assez puissant).

Nous diviserons le road trip en 4 étapes de minimum deux nuits à chaque fois. Nous avons décidé dans la mesure du possible de toujours passer minimum deux nuits dans les lieux où nous nous arrêterons.

Le bus magique : chèvres et sacs à dos

Étape 1 : Moni et le volcan Kelimutu

Moni est un petit village au pied du volcan Kelimutu que les marketers de Flores ont choisi comme symbole. Après quelques longues heures dans un mini bus pourri qui n’avance pas sur une très jolie route qui serpente beaucoup beaucoup (combo huiles essentielles de basilic, menthe et citron vivement recommandé), nous voici arrivés. Fraîchement cueillis par le premier mec venu, nous faisons le mauvais choix de rester dans le homestay tenu par ses parents. C’est moche, basique mais plutôt propre et dans notre budget. Le problème est plus que le mec est un mythomane professionnel et qu’il se garde un tiers de l’argent qu’il demande aux voyageurs et ne laisse que les deux autres tiers à ses parents. Mais ça on ne le savait pas. Assez sympa de se faire engueuler par le très vieux père qui nous réclame le reste de l’argent en tambourinant à la porte alors que nous avons docilement tout donné au fiston (qui doit bien avoir quand même 40 ans).

Pour future référence, le homestay s’appelle Maria Inn.

Maria Inn. N’y allez pas !

Les lacs au sommet du volcan sont magnifiques et leurs couleurs (au nombre de trois) qui changent en fonction de l’activité chimique du volcan mais aussi de la lumière du soleil sont assez exceptionnelles. Les locaux pensent que les âmes des morts montent vers les lacs pour s’y reposer et il s’agit donc d’un endroit sacré. Cependant, l’expérience en elle même ne ressemble en rien à une ascension de volcan comme on les aime puisque le chemin est bétonné et que des dizaines de Javanais en vacances sont aussi venus rendre visite aux lacs. Je ne compte plus les selfies qu’on nous fera prendre ce jour-là.

Je ne peux plus publier un article sans singe

Dans le village, il n’y a clairement rien de spécial mais le joli bar reggae Mopi’s totalement improbable mais tellement agréable nous a séduit au premier coup d’œil. Tenu par un couple, lui un indonésien aux cheveux afros (aidé par ses 5 frères) et elle une australienne expatriée en Indonésie. Live music, bons cocktails (alcools locaux, basilic et citronnelle) et jeux de société. Le combo parfait.

Étape 2 : Boawae et le volcan Ebulobo

Pour cette étape, nous avons décidé de nous arrêter là où les autres ne s’arrêtent pas. On a envie de faire une grosse randonnée et selon le site présentant tous les volcans indonésiens, le bel Ebulobo semble être le candidat parfait. 

Une fois arrivés dans le village de Boawae, là aussi après de longues heures de route, nous trouvons à nous loger chez une sympathique vieille dame qui a quelques chambres à louer. Comble du bonheur, son neveu parle anglais, contacte un jeune du village voisin pour nous guider dans notre ascension le lendemain à l’aube ET nous prête son scooter. Ah ces fois où tout semble simple.

À 6h du matin, une fois la maison du chef du village trouvée (c’est son fils Rian qui nous guidera durant la randonnée), nous voilà partis à 5 vers le sommet d’Ebulobo. Un jeune frère décide d’accompagner son aîné et un jeune étudiant accueilli dans la famille pour la semaine décide lui aussi de nous accompagner. Quelle équipe.
Je suis un peu sceptique car nous partons pour au moins 6h de marche avec un très fort dénivelé (on monte à 2137 mètres) et deux d’entre eux portent des tongs.

Début de l’ascension

La randonné débute par une traversée de la forêt jusqu’à arriver au dernier tronçon vertical sans végétation. Du coup, les dernières 45 minutes de montée sont éprouvantes car la pente est très raide et les roches volcaniques peu stables mais la vue au sommet est à couper le souffle. Il n’y a personne et bien que les odeurs de souffre soient très fortes par endroit, nous passerons un bon moment au sommet à reprendre des forces, prendre des photos et profiter des vues sur la mer de nuages. 

Le mont Inerie à quelques kilomètres…

Séance photo avec les trois mecs : notre jeune guide Rian, son frère Harris et Gusti qui parlait un peu anglais. Harris et Gusti, en tongs, sont arrivés en dernier mais ils sont finalement arrivés ! Notre guide finira l’ascension ainsi que toute la descente du volcan en chaussettes. Il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas essayer de trop rationaliser.

La fin du périple s’achève dans le jardin d’un paysan et ses deux enfants où nous reprenons des forces en machouillant de la canne à sucre fraîchement coupée. Salvateur.

Borry et July ont passé une bonne journée 

Étape 3 : Bajawa et les villages traditionnels Ngada

Je n’avais que peu d’attente de Bajawa et c’est un des endroits qui m’a le plus plu.
Petit village de montagne où les gens ont tous été adorables. Petite chambre d’hôtel  moins basique que ce que nous avions eu jusqu’à présent (Hôtel Edelweiss II) mais pour un prix un peu plus élevé bien que négocié. Ici la bonne idée est de louer un scooter et d’explorer les environs.

Petits villages traditionnels Ngada, panoramas sublimes avec le volcan Inerie en toile de fond et sources d’eau chaude volcanique sont à quelques kilomètres. Nous sommes retournés nous baigner dans les sources d’eau volcanique descendant du mont Inerie deux jours de suite car l’expérience nous semblait trop extraordinaire pour n’y aller qu’une seule fois. 

Étape 4 : Labuan Bajo et notre aventure en bateau

10 heures à bord de cette beauté

Notre nouveau pote hollandais nous avait prévenus. “Vous allez détester Labuan Bajo”. C’est vrai que nous n’avons pas eu de coup de cœur pour cette petite ville sur exploitée touristiquement (surtout par les étrangers ou par des Balinais cherchant à investir ailleurs qu’à Bali) mais nous y avons passé de bons moments.
Le souci de Labuan Bajo c’est qu’il s’agit de la porte d’entrée du Parc National de Komodo et que le gouvernement a des ambitions de croissance démesurées pour ce parc sans pour autant investir dans des bases essentielles. Les rues, le port et les plages de Labuan Bajo sont jonchés de plastique, les rues sont défoncées et certaines allées pleines de rats (parlez-en avec Rory qui en a une peur bleue). De plus, l’acheminement de l’eau potable est un véritable problème car l’eau est détournée (énormes problèmes de corruption) et les habitants n’ont parfois plus accès à l’eau (à part ça les investisseurs attaquent sans arrêt plus de terrain pour y construire des petits hôtels ou autres logements touristiques). Aberrant.

Le gouvernement indonésien a pour ambition d’atteindre les 500 000 visiteurs par an d’ici à 2019 dans le simple parc de Komodo. C’est bien évidemment bien plus que ce que la biodiversité du parc est prête à endurer et les résultats seraient catastrophiques avec des pêcheurs obligés d’aller pêcher de plus en plus loin malgré un prix de l’essence de plus en plus élevé. Cela voudrait aussi par exemple dire 60 plongeurs en même temps au même endroit ! 

Certaines personnes luttent et cherchent à se faire entendre (c’est le cas de Marta) mais le gouvernement indonésien est pour l’instant campé sur ses positions et évidemment il y a beaucoup d’argent en jeu. Face à ce développement intensif et très court termiste, le développement durable et plus qualitatif que prônent certains fait figure d’utopie.

Marta qui sera notre accompagnatrice sur le bâteau de la compagnie Wicked Diving durant trois jours se bat pour cette utopie même si ce fût la première à nous dire que nous sommes venus au bon moment car ce paradis aura sûrement énormément changé d’ici 2/3 ans. 

On se sent aussi impuissant qu’elle.

Les trois jours que nous passerons sur le bateau auront cela dit un goût de paradis. Nous avons choisi Wicked Diving car premièrement ils nous ont été recommandé par nos acolytes hollandais mais aussi parce qu’ils reversent une partie de leurs bénéfices pour la formation des jeunes des milieux ruraux de Flores à des métiers plus responsablisants tels que instructeurs de plongée ou guides. 

Ricky et Afri. Les bonnes gueules.

Nous partons donc avec eux pour trois jours de snorkeling, kayak et balades dans le parc de Komodo. 

Le bateau a une cabine dortoir avec une capacité de 6 mais nous ne serons que 4 pour cette fois-ci. Un couple d’anglais/gallois, John et Sandra, la cinquantaine, seront nos compagnons de bord pour ces trois belles journées. Des crèmes. 

Nous ne sommes pas prêts d’oublier la diversité des fonds marins, les couleurs du corail, la pureté de l’eau et la beauté des îles. 

Nous n’avons malheureusement pas nagé comme nous l’espérions avec les sublimes raies mantas mais nous avons suivi durant de très longues minutes une raie aigle et une “sting” raie. 

Mention spéciale à la belle tortue que nous avons accompagnée dans les eaux peu profondes à cet endroit du parc. Un très beau moment. 

Nous n’oublierons pas les seiches et leurs jets d’encre (vidéos à venir), les étoiles de mer, les homards colorés, les poissons “boxes”, les poissons trigger et tous les autres dont je ne connais pas le nom en français. 

[Nous publierons plus de photos et vidéos lorsque nous retrouverons un Internet digne de ce nom.]

L’arrêt obligatoire lorsque l’on s’aventure dans le parc de Komodo c’est bien sûr d’aller rendre visite aux “Varanus komodoensis” plus connus sous le nom de “Dragons de Komodo”. Les varants pouvant mesurer jusqu’à 3 mètres de long et peser jusqu’à 70 kilos, je n’étais pas forcément rassurée. Cela dit, nous sommes arrivés en pleine saison de reproduction et les pudiques Dragons ne se montrent guère en cette période. Pour la petite histoire, il y a plus de mâles que de femelles donc les combats sont rudes et sanglants durant cette période. Nous pensions naïvement vivre une expérience Discovery Channel et les voir en direct mais notre expérience fut différente. Nous nous sommes contentés de voir quatre spécimens dont deux très petits (enfin ça reste les plus gros lézards que nous ayons vu de notre vie, tout est relatif) près des cabanes des rangers. L’odeur de bouffe les attire. Apparemment c’est aussi le cas de l’odeur de sang et ce jusqu’à 5 kms de distance…

Après ces trois semaines sur l’île de Flores, force est de constater que :

  • Les hommes fument des clopes tout le temps. Avec enfants ou bébé dans les bras (gare au tabagisme passif) en bus, en voiture, en moto. Tous les magasins font de la propagande et les cigarettes ne coûtent rien (environ 1,60€ le paquet de cigarettes). “Be strong, never quit”.
  • Le hello mister, hello misses ainsi que le selfie font des émules ici. Très attendris au début, nous essayons par la suite de nous planquer ou de raser les murs pour ne pas nous faire repérer. Blasés les “bules”? (prononcez “boulet”- mot désignant les étrangers).
  • Les ordures sont jetées partout et tout le temps. Il y a peu ou pas d’éducation à ce niveau là et la gestion du plastique est clairement un grave problème en Indonésie. Il n’y a pas d’infrastructures donc les gens jettent tout partout ou dans le meilleur (???) des cas brûlent eux mêmes leurs déchets. Bref, les routes, les rivières, les plages sont sales et souvent pleines de plastique. Nous avions déjà été frappés en Amérique Latine mais ici c’est pire et ça fend vraiment le cœur.
  • Les locaux sont vraiment malades dans les bus sur les routes en lacets de l’île et pendant que les hommes fument, les femmes et les enfants gerbent dans des petits sacs en plastique roses qu’ils jettent allègrement par la porte ouverte du mini bus. Ambiance.
  • Les Logos Barça ou Real Madrid sont partout. Dans tous les villages les gens choississent leur camp et ici aussi il est frappant de constater à quel point ces clubs sont devenues des marques internationales. Gare aux réactions lorsque l’on dit que nous vivons à Barcelone !

Nous voici bientôt de nouveau sur le départ : direction l’île de Sulawesi, toujours en Indonésie pour notre deuxième mois…

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This entry was written by pouloche and published on July 8, 2017 at 2:16 am. It’s filed under Francais and tagged . Bookmark the permalink. Follow any comments here with the RSS feed for this post.

2 thoughts on “Flores, la traversée d’ouest en est ! 

  1. Passionnant , photos magnifiques et mention spéciale pour les commentaires……
    Et bravo pour l exploit sportif : 2100 m de dénivelé , c est pas une rando de mauviette !!
    Papa Dan .

    Liked by 1 person

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